Après une évaluation complète, le médecin ORL doit discuter des résultats obtenus avec le patient. Le traitement se devra d’être dans la mesure du possible étiologique et symptomatique. Le traitement de la cause quand elle est identifiée (ce qui est rare) peut conduire à la guérison de l’acouphène. Les médications agissant sur le métabolisme du calcium peuvent diminuer son intensité. Des tranquillisants ou des antidépresseurs peuvent aussi être institués en cas d’insomnies ou d’état dépressif.
Un appareillage auditif peut aider. Actuellement, deux types d’appareillages sont disponibles. En cas de surdité, un appareillage peut être préconisé. Il permettra dans certains cas de réduire l’intensité des acouphènes. Les générateurs de bruits en introduisant un bruit de fond de faible intensité ont pour but de favoriser l’habituation aux bruits émis par le générateur de bruit et à l’acouphène lui-même.
Un traitement cognitif (TRT : tinnitus retrainung therapy ou théorie acoustique d’habituation) peut aussi être utile. Il s’agit d’une méthode basée sur le modèle neurophysiologique de l’acouphène et l’habituation cérébrale aux bruits externes. Les deux piliers thérapeutiques de la méthode sont « le counseling » et le générateur de bruit (Jastreboff 1999). Le générateur de bruit a pour but d’habituer le patient au bruit en cas d’hyperaccousie ou à tolérer le différentiel entre l’intensité de l’acouphène et l’intensité du son émis par le générateur. L’appareil doit être porté 8h/j et ceci pendant 1 an.
Finalement, des techniques visant à diminuer le degré d’acticvation du système nerveux autonome (sophrologie, yoga) peuvent être bénéfiques.
Toutefois, le traitement doit avant tout être préventif. En effet, on sait maintenant que l’exposition prolongée à des niveaux sonores élevés induit des lésions de la cochlée aboutissant à une surdité de perception irréversible qui peut s’accompagner d’acouphènes. À titre individuel par exemple, le port de bouchons antibruit adaptée à la conque des patients (Figure 9) ou de casques antibruit peut s’avérer essentiel, notamment lorsque le patient est soumis régulièrement à des intensités sonores élevées ou dans les professions exposées.

(Figure 9)
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