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La rééducation phoniatrique ou orthophonique
  • Prescription
  • Elle est presque toujours indispensable, car la dysphonie est la plupart du temps le résultat d'une mauvaise coordination pneumophonique, avec fatigue et forçage vocal. En cas de lésions des cordes vocales, la nécessité qu'a le patient d'utiliser sa voix le mène là aussi au forçage et à la fatigue.
    Il existe toujours une dysfonction et ce sont ces gestes erronés qu'il faut corriger. La rééducation doit être prescrite après et à notre sens surtout avant la chirurgie, afin d'avoir les meilleurs résultats.
    Il faut dire aux patients que l'on n'apprend pas à respirer correctement et à ne plus forcer avec un comprimé quotidien ou avec une micro chirurgie laryngée.
    Il n'y a pas de miracle.

    Faisons un petit rappel de la prescription de la rééducation car trop souvent les malheureuses orthophonistes sont perdues : un bilan AMO 16 + 20 AMO 10
    C'est-à-dire un bilan de la phonation et 20 séances de rééducation pour. et il est important de donner un diagnostic, on ne rééduque pas de la même manière une paralysie récurentielle et des nodules ! Il existe des prescriptions fantaisistes, la plupart du temps sans diagnostic ou avec 5 ou 10 séances de rééducation seulement, ce qui est notoirement insuffisant.

    En général, les séances durent trente minutes et sont suivies 2 fois par semaine, avec de petits exercices à faire régulièrement chez soi. C'est l'apprentissage nécessaire de ce que l'on appelle « le geste vocal ».

  • Les grandes étapes de la rééducation
  • Il faut savoir écouter et regarder son patient pour comprendre comment « il fonctionne vocalement ». Il est souhaitable de pouvoir enregistrer la voix pathologique afin par la suite de pouvoir lui faire entendre et prendre conscience des progrès.
    - Il faut schématiquement lui expliquer le fonctionnement vocal afin qu'il puisse comprendre la nécessité du travail qui va lui être proposé.
    - Tout commence en général par apprendre ou réapprendre à respirer et à corriger la posture. La respiration doit être thoraco-abdominale, la posture verticale, sans tensions des muscles cervicaux, des mâchoires, avec les épaules en position basse. Parfois, il faut faire un peu de relaxation pour arriver à obtenir la détente nécessaire.
    - Lorsque la respiration et la posture sont correctes, on commence un travail vocal spécifique en fonction des altérations acoustiques rencontrées et des pathologies.

    C'est un travail « à la carte », qui doit savoir aussi s'adapter à l'environnement familial, professionnel et aux contraintes particulières du patient.

  • Le but
  • Rétablir le fonctionnement physiologique de l'émission vocale en retrouvant une pression sous-glottique suffisante pour avoir un bon accolement des cordes en phonation et une bonne vibration, retrouver le contrôle de la hauteur, de l'intensité et les qualités du timbre, sans fatigue ni forçage.
    Il faut désapprendre un geste qui est faux pour en apprendre un nouveau qui est adapté, ce qui passe par une phase consciente avant de devenir automatique.